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Communiqués de presse
Publié le 16 avril 2025 , mis à jour le 15 octobre 2025
Photo de Sandrine Mulas /Hans Lucas
© Sandrine Mulas / Hans LucasAlors que les ministères de l’Agriculture et du Commerce préparent une quinzaine de mesures techniques pour encadrer les négociations commerciales, l’idée d’un Égalim 4 s’éloigne, faute d’un gouvernement fort et volontaire. Pour la ministre, Égalim 4 n’est plus une priorité politique. Terre de Liens alerte : ce nouveau recul signe l'abandon de l’ambition de préserver la souveraineté alimentaire et agricole de la France.
Annoncé en grande pompe le 16 février par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, le projet de loi Égalim 4 devait voir le jour d’ici août 2025. Depuis une première réunion en mars avec un groupe de parlementaires missionnés, plus aucun signe d’avancée. Il semblerait que le gouvernement souhaite placer Égalim 4 au placard. Mais le contexte est loin d’être favorable : à l’Assemblée, les tensions persistent entre défense du pouvoir d’achat et soutien aux producteurs, sur fond de négociations commerciales 2025 tout juste conclues. À cela s’ajoutent les appels à harmoniser les normes européennes pour rester compétitifs, et les limites déjà constatées des lois Égalim précédentes. Dans ce climat, le cabinet de la ministre laisse entendre qu’une nouvelle loi “contraignante” – Égalim 4, qui devait rééquilibrer les relations commerciales en encadrant les contrats, en plafonnant les promotions et en inversant la construction des prix – ne figure plus à l’agenda.
Depuis 2018, les lois Égalim se sont succédées avec une promesse centrale : mieux rémunérer les agriculteurs et favoriser une alimentation de qualité pour tous. Six ans plus tard, le constat est sans appel :
Il ne suffit pas d’afficher des ambitions. Il faut leur donner des moyens. En renonçant à une loi structurante, le gouvernement abandonne une fois de plus les agriculteurs, les territoires et les citoyens qui veulent manger mieux
Responsable du plaidoyer de Terre de Liens
Alors même que le gouvernement clame défendre la souveraineté alimentaire sur le plan national, il se montre incapable d’infléchir le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, malgré ses propres alertes et les inquiétudes largement partagées par le monde agricole et la société civile. Cette incohérence affaiblit encore davantage notre capacité à garantir une alimentation durable, juste et locale. Car sans juste rémunération des agriculteurs et agricultrices, il n’y aura ni renouvellement des générations, ni transition agroécologique. Or, en laissant entrer sur le marché européen des produits ne respectant pas nos standards, on condamne nos filières locales à une concurrence déloyale, et avec elles l’espoir même de construire une souveraineté alimentaire durable.
Le 14 avril dernier, la Commission européenne a une nouvelle fois fermé la porte à toute modification du texte, rejetant les propositions françaises pour y inclure des clauses de sauvegarde automatique ou des clauses miroirs assurant le respect de nos normes.
Résultat : des produits agricoles ne respectant pas nos standards environnementaux et sociaux peuvent être importés, mettant en péril nos filières locales et l’agriculture paysanne.
On ne peut pas prôner la souveraineté alimentaire d’un côté, et de l’autre, ouvrir nos marchés à une concurrence déloyale. Cet accord avec le Mercosur est un non-sens politique et écologique”, insiste Astrid Bouchedor. “Le Mercosur expose nos agriculteurs à un dumping social et environnemental, tout en sapant les efforts pour relocaliser notre alimentation.
Responsable du plaidoyer de Terre de Liens
Pour Terre de Liens, il est urgent de garantir une souveraineté alimentaire réelle et durable, pour répondre aux besoins alimentaires de tous, protéger les ressources et valoriser le travail des agriculteurs et des agricultrices. En bref, de reconnecter la terre et l’assiette.
Le dernier rapport de Terre de Liens sur l’état des terres agricoles “Souveraineté alimentaire : un scandale made in France” présente une série de recommandations réelles et durables pour transformer les politiques publiques et offrir un revenu digne aux agriculteurs. Cela passe par :
Une vraie souveraineté alimentaire ne se décrète pas : elle se construit en redonnant du pouvoir aux territoires, en coordonnant l’action publique. Elle commence par un signal politique clair. Aujourd’hui, ce signal est absent.
Responsable du plaidoyer de Terre de Liens
Initiée en 2018 dans le sillage des États généraux de l’alimentation, la loi Égalim ambitionnait de concilier juste rémunération des agriculteurs, transition écologique et alimentation saine pour tous. Renforcée en 2021 par Égalim 2, elle devait rééquilibrer les rapports de force dans les négociations commerciales. Et Égalim 4 visant à régir les relations commerciales de la filière alimentaire ? « Pas pour 2026 non plus », selon une source parlementaire. Assurer une meilleure rémunération des agriculteurs attendra donc.
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