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Actualités
Publié le 13 janvier 2026 , mis à jour le 22 janvier 2026
La signature d'un accord de libre-échange entre l'Union Européenne et les pays d'Amérique du Sud du Mercosur est revenue en force dans l'actualité politique et médiatique de ce début 2026. Au même moment, notre agriculture est traversée par nombre de crises et de débat : dermatose nodulaire, crises sectorielles (notamment viticole et dans l'élevage), détresse économique, clivages réanimés avec la dangereuse loi Duplomb...
Dans ce cadre, le Mercosur n'est pas seulement un accord commercial controversé, c'est le symptôme d'un modèle agricole et alimentaire à bout de souffle.
Pour Terre de Liens, ces questions ne datent pas d'hier, mais s'inscrivent dans un travail d'alerte de longue date. Retour sur quelques éléments dans cet article.
Le 21 janvier 2026, le Parlement européen a décidé, à une très courte majorité, de saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) sur l’accord UE-Mercosur. Ce vote suspend le processus de ratification du côté du Parlement et assombrit l’avenir de l’accord, pourtant approuvé quelques jours plus tôt par les États membres, qui ont ouvert la voie à son application provisoire.
Ce rebondissement illustre à la fois la forte contestation démocratique autour du Mercosur, la pression des mobilisations agricoles à l’échelle européenne, et les tensions institutionnelles croissantes entre la Commission européenne et le Parlement. Il confirme que le Mercosur n’est pas un simple accord commercial, mais un révélateur des impasses politiques, agricoles et démocratiques de l’Union européenne.
Les accords de libre-échange tels que celui que s'apprête à signer l'Union Européenne avec le Mercosur :
Le contexte a bien changé, et rend de tels accords complètement inadéquats dans notre monde actuel, et entrant en grande contradiction avec la transition écologique, la résilience alimentaire et la souveraineté des territoires.
Terre de Liens interroge donc la cohérence globale des politiques publiques, qui, en s'attachant à vivre dans le passé, compromettent notre futur.
La France affiche aujourd'hui son opposition au traité avec le Mercosur. Hélas, cette opposition est tardive, peu préparée diplomatiquement, et insuffisamment construite avec les autres États membres de l'Union Européenne. Résultat de ce manque d'anticipation sur cette question pourtant cruciale pour l'avenir de nos agriculteur·ices ? Notre pays se retrouve isolé dans son opposition à cet accord. Accord qui est de fait entré depuis quelques jours dans une phase décisive, ouvrant la voie à son application provisoire et ce au pire moment pour nos éleveurs, déjà fragilisés par la crise économique et sanitaire.
En bref, s’opposer dans les mots à un accord ne suffit pas si l’on n’a pas construit, en amont, une alternative crédible au niveau européen.
L’approbation par une majorité d’États membres de l’UE, ouvrant la voie à l’application provisoire de l’accord arrive dans un contexte de grande crise pour l'élevage français : fragilité économique, pression sanitaire, dépendance aux marchés mondiaux,... Sans parler de la dermatose nodulaire qui souligne la priorité donnée aux impératifs commerciaux dans la gestion de la crise sanitaire, quitte à placer les éleveurs dans des situations inextricables.
Le Mercosur accentue encore davantage la mise en concurrence, tire les prix vers le bas, favorise les modèles industriels à grande échelle.
Nous faisons donc face à un paradoxe : publiquement et en s'opposant au Mercosur, on prétend défendre les éleveurs, tout en renforçant les mécanismes qui les fragilisent.
La réponse du gouvernement, officiellement opposé au Mercosur pour protéger l'élevage français est contradictoire avec cette volonté : pour "compenser" les effets du libre-échange, le gouvernement promet de réduire les exigences environnementales.
Résultat pour l'agriculture française ? Deux boulets pour le prix d'un : libre-échange à marche forcée d'un côté, reculs écologiques de l'autre. De tous les côtés, il s'agit de renoncements aux objectifs d'une transition agroécologique juste. Ces choix vont évidemment à l'encontre des engagements climatiques et des attentes de la société civile (pétitions records comme celle contre la loi Duplomb, mobilisations, etc).
En bref :
Nous l'aurons suffisamment pointé : il manque un cap national clair pour la transition agricole. Mais alors que les échéances municipales arrivent, rappelons-nous qu'à l'échelon local aussi, nous avons des leviers à tirer. Le rôle des collectivités locales dans la transition agricole et alimentaire sera clé, notamment avec les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) et autres dynamiques citoyennes locales.
La ratification engagée du traité avec le Mercosur n’est pas donc pas une fatalité, mais un choix politique révélateur d’un modèle dépassé, qui illustre encore davantage la nécessité d’une politique commerciale cohérente avec l’écologie et d’un projet agricole fondé sur les territoires et les paysan·nes. Le chemin est encore long, mais Terre de Liens sera là pour accompagner le mouvement et défendre la terre comme bien commun, condition indispensable d’une véritable souveraineté alimentaire.
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