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Journée européenne du bio : les chiffres qui font mal

Publié le 22 septembre 2025 , mis à jour le 15 octobre 2025

© Sandrine Mulas

Parce que l’Union européenne s’est fixée un objectif de 25% de surfaces bio d’ici 2030, la Journée Européenne du Bio est organisée dans tous les pays européens, depuis 4 ans, pour sensibiliser le plus grand nombre à l’agriculture biologique, promouvoir son rôle essentiel dans les transitions alimentaire et agricole, et faire de la pédagogie auprès des citoyens. En 2025, cette journée arrive de nouveau dans un contexte extrêmement tendu, et Terre de Liens renouvelle à cette occasion son appel aux décideurs à appuyer de toute urgence l'agriculture bio.

Petit rappel d'une bonne intention

Encadré par une réglementation européenne depuis 1991, le bio a pour objectifs le respect de l’environnement et de la protection du climat,  de la biodiversité, de la santé humaine et du bien-être animal. Seuls les produits qui en sont issus peuvent porter le logo bio européen et la marque AB. Cette règlementation favorise les circuits courts de distribution et les productions locales dans les divers territoires de l’Union. La production biologique produit une grande variété de denrées alimentaires de haute qualité qui répondent à la demande des consommateurs pour des biens produits par l’utilisation de procédés qui ne nuisent pas à l’environnement, à la santé humaine, à la santé des végétaux ou à la santé et au bien-être des animaux.

Mais en face de ces jolis objectifs, le bio passe pourtant toujours à la trappe

La Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) s'indignait encore début juillet face aux arbitrages budgétaires annoncés lors d’une réunion au ministère de l’Agriculture.

"En cause, l’allocation des crédits européens de la Politique agricole commune (PAC). Selon l’association des agriculteurs bio, l’enveloppe des sommes destinées à accompagner les agriculteurs en conversion au bio — qui n’a pas été consommée autant qu’attendu — a été en majorité réallouée à des mesures non bio. Seuls 10 % de la somme serviront finalement à soutenir l’agriculture biologique.", résume Reporterre cet été.

« Au lieu de rééquilibrer le soutien entre conversion et maintien, comme le font la plupart des pays européens, on décide de réaffecter l’argent fléché sur l’agriculture biologique à d’autres modèles agricoles », regrette la Fnab. La fédération craignait ainsi qu’à terme seul 1 % du budget de la PAC soit consacré à l’agriculture bio (qui représente 14 % des fermes et 10 % de la surface agricole).

"Le ministère de l’agriculture supprime 15 millions d’euros de fonds alloués à l’Agence bio", peut-on encore lire dans Le Monde au printemps.

Et années après années, les chiffres alarment.

En bref : baisse des rendements importants, aides au maintien supprimées, retard des paiements PAC, encouragement à la confusion des labels, Mercosur… Si la crise révélée en 2024 par la révolte agricole touche l’ensemble du monde paysan, elle est particulièrement violente pour les agriculteurs et les agricultrices qui ont fait le choix du bio, commele rappelait aussi Terre de Liens il y a bientôt un an. Par leurs pratiques, les agriculteurs bio rendent pourtant de nombreux services à la société et à l’environnement. Ils sont délaissés faute de volonté politique pour défendre la pérennité de leurs fermes.

En cette journée européenne qui leur est dédiée, Terre de Liens renouvelle son appel formulé à maintes reprises aux gouvernants, à savoir : prendre la mesure de la détresse du secteur du bio et agir en conséquence.

Relire les témoignages des agriculteurs bio

Pendant la crise agricole de 2024, qui se poursuit à bas bruit aujourd'hui encore, Terre de Liens donnait la parole à des paysans en bio, démunis et en colère.

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