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La Tessonnerie : préserver la ressource en eau grâce à une ferme

Publié le 18 juin 2025 , mis à jour le 19 juin 2025

Entrée de la ferme © Alexandra Serrano pour Terre de Liens Île-de-France

Pour sécuriser le foncier de cette ferme en agriculture biologique et préserver la ressource en eau, la Fondation Terre de Liens a acquis en 2025 une parcelle de 23 hectares , avec un financement important de la Ville de Paris et de l’agence de l’eau Seine-Normandie.

La ferme de la Tessonnerie, à Voinsles (77), d’Anne-Charlotte et son conjoint Sylvain Beaugrand - Rivière, est devenue mi-2025 la dixième du mouvement Terre de Liens en Île-de-France. Le 27 mai, une cinquantaine de personnes – bénévoles et salariés Terre de Liens, partenaires ou acteurs locaux – étaient réunies pour fêter l’acquisition d’une parcelle de 23 hectares (ha) par la Fondation Terre de Liens et l’appui de la Safer Île-de-France, avec 80 % de financements issus de l’agence de l’eau Seine-Normandie et de la Ville de Paris.

Cette ferme de 140 ha, qui produit notamment du lait de soja, des farines, des pâtes, des légumineuses et des graines de soja ou du petit épeautre en agriculture biologique, est située à cheval sur trois aires d’alimentation de captage en eau potable.

Photo de groupe, événement du 27 mai 2025 © Alexandra Serrano pour Terre de Liens Île-de-France

Garantir une agriculture biologique

« On garantit qu’on ne vendra jamais ces terres, ce qui facilitera les installations futures et qu’elles seront indéfiniment en bio », explique Philippe Pointereau, président de la Fondation Terre de Liens. Pour lui, cette ferme coche plusieurs cases : impact positif sur la biodiversité, protection des captages d’eau potable, diversité des productions agricoles…

Alors que la production de la plupart des fermes en grandes cultures part à l'export ou pour faire des agrocarburants, ici on montre qu'on peut nourrir Paris avec des pâtes et de la farine
Philippe Pointereau

président de la Fondation Terre de Liens

La protection des captages d’eau potable

Pour l’agence de l’eau, cette acquisition s’intègre dans une stratégie globale de soutien des filières à bas niveau d’intrant.

Il y a une baisse du nombre de masses d'eau et de leur qualité. 900 captages sont encore en exploitation dans la région Île-de-France, plus de 442 ont été abandonnés depuis 2000 pour près de 30%, du fait des pollutions d'origine agricole, nitrates et pesticides. L'agence est là, justement, pour endiguer cette progression funeste.
Jean-Baptiste Revillon

Chef du service Marne Seine Essonne, agence de l’eau Seine-Normandie

Dans le cadre d'une stratégie foncière portée par une collectivité ou par Terre de Liens, l'agence de l'Eau Seine-Normandie peut accompagner des acquisitions foncières ou des mises en réserve avec des contractualisations permettant d'assurer la vocation agro-environnementale des parcelles, telles que les obligations réelles environnementales ou les baux environnementaux. Le bail rural environnemental permet par exemple d’inclure l’obligation d’une certification en agriculture biologique par les fermiers sur les terres acquises par Terre de Liens.

Les fermiers, Sylvain et Anne-Charlotte, lors de l'événement du 27 mai 2025 © Alexandra Serrano pour Terre de Liens Île-de-France

Accompagner l’installation et la structuration des filières

Pourquoi Paris vient jusqu'ici financer des installations ? Parce que Paris prend ses responsabilités en tant que collectivité à l'égard des Parisiennes et des Parisiens, mais aussi au-delà, car les grandes villes sont les principaux moteurs de la prédation sur les ressources et de l'émission de gaz à effet de serre. L'agriculteur et l'alimentation, pour la Ville de Paris, sont le deuxième poste d'émission de gaz à effet de serre.
Audrey Pulvar

adjointe à la Ville de Paris en charge de l'alimentation durable, de l'agriculture et des circuits courts

La Ville de Paris agit d’abord grâce au levier de la commande publique, 30 millions de repas par an dans la restauration collective, dont 56% de bio et/ou durable. L’objectif pour 2027 est d’atteindre 100% de bio et ou durable, dont 75% de bio et 50% de produits à moins de 250 kilomètres de Paris. « Pour cela, il faut aussi accompagner la structuration des filières d'agriculture bio et durable », ajoute Audrey Pulvar. Dans le cadre du troisième plan alimentation durable lancé en 2020, Paris a ainsi créé AgriParis Seine, une association de coopération territoriale qui rassemble des collectivités locales du bassin de la Seine, afin de structurer et soutenir ces filières.

Visites des champs avec les partenaires, 27 mai 2025 © Alexandra Serrano pour Terre de Liens Île-de-France

La nécessité des partenariats et des relations de confiance

« Nous soutenons aussi de longue date Terre de Liens car il y a un moment où se pose la question de l'accès au foncier. La Ville y participe, à la fois en accompagnant et en aidant à l'installation et parfois avec des acquisitions. On est très heureux de cette inauguration, de ce partenariat, et d'entendre que cette terre sera sanctuarisée en bio, indéfiniment » ajoute Audrey Pulvar. Cette acquisition sécurise de fait l’activité d’Anne-Charlotte et Sylvain.

Aussi, agir sur le foncier demande du temps, de la patience, une connaissance des enjeux locaux. Cela repose aussi sur une relation de confiance avec les paysannes et les paysans qui acceptent de s'engager avec nous.
Alice Idrac

Coordinatrice de Terre de Liens ÎLe-de-France

Les fermiers et les cédants, entourés par les partenaires du projet, 27 mai 2025 © Alexandra Serrano pour Terre de Liens Île-de-France

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